QCM Pathologies Neuro-Infectio
Cache les réponses, réponds à chaque question, puis déplie chaque explication. 15 questions · Compter 1 pt par bonne réponse · Score ≥ 12/15 = maîtrisé ✅
Question 1
L'acronyme FAST est utilisé pour reconnaître un AVC. Que signifie le « S » dans FAST ?
- A. Syncope (perte de connaissance)
- B. Speech (troubles de la parole)
- C. Sensitivity (troubles sensitifs)
- D. Seizure (convulsion)
Explication : FAST = Face (asymétrie faciale), Arm (déficit d'un bras), Speech (troubles de la parole : dysarthrie ou aphasie), Time (appel immédiat du 15). Ce test de dépistage permet d'identifier rapidement un AVC en population générale et aux urgences. Tout signe neurologique déficitaire brutal doit faire évoquer un AVC jusqu'à preuve du contraire. L'appel immédiat du SAMU est indispensable pour activer la filière neurovasculaire.
Question 2
Quelle est la fenêtre thérapeutique maximale pour la thrombolyse IV (altéplase) dans l'AVC ischémique ?
- A. 1h30 après le début des symptômes
- B. 3 heures après le début des symptômes
- C. 4h30 après le début des symptômes
- D. 6 heures après le début des symptômes
Explication : La thrombolyse IV par altéplase (rt-PA) est indiquée dans les 4h30 suivant le début des symptômes d'AVC ischémique confirmé, sous réserve de l'absence de contre-indications (hémorragie, chirurgie récente, anticoagulants...). Passé ce délai, la thrombectomie mécanique peut être discutée jusqu'à 6-24h selon les cas. L'heure de début des symptômes est cruciale : si le patient se réveille avec les symptômes, on retient l'heure du dernier moment où il était normal.
Question 3
Un patient hospitalisé pour AVC ischémique reçoit-il des anticoagulants à dose thérapeutique en phase aiguë ?
- A. Oui, systématiquement pour prévenir la récidive
- B. Oui, si l'AVC est d'origine embolique (FA)
- C. Non, les anticoagulants sont contre-indiqués en phase aiguë d'AVC ischémique
- D. Non, uniquement dans les AVC hémorragiques
Explication : En phase aiguë d'AVC ischémique, les anticoagulants à dose curative ne sont pas indiqués (risque de transformation hémorragique). Le traitement antithrombotique initial repose sur l'aspirine 300 mg/j. En cas de FA, les anticoagulants sont introduits après un délai (généralement 2-4 semaines selon la taille de l'AVC). Dans l'AVC hémorragique, les anticoagulants sont formellement contre-indiqués car ils aggraveraient l'hémorragie.
Question 4
Un enfant de 8 ans présente une fièvre à 40°C, des céphalées violentes, une photophobie, une raideur de nuque et un purpura extensif. Quelle est votre première action ?
- A. Réaliser une ponction lombaire immédiatement pour confirmer le diagnostic
- B. Appeler le SAMU (15) et débuter une antibiothérapie IV avant toute chose
- C. Administrer du paracétamol et surveiller l'évolution
- D. Réaliser un scanner cérébral avant toute antibiothérapie
Explication : Le purpura fulminans (purpura extensif + fièvre + syndrome méningé) est une urgence vitale absolue. Le méningocoque (Neisseria meningitidis) est responsable dans la majorité des cas. La règle est : antibiothérapie IV AVANT la ponction lombaire (amoxicilline ou céphalosporine 3G). Ne JAMAIS attendre la PL pour débuter les antibiotiques en cas de purpura. La PL est contre-indiquée si HTIC ou purpura extensif. Délai cible antibio < 30 minutes.
Question 5
Lors d'une crise épileptique tonico-clonique généralisée, quel est le premier geste IDE prioritaire ?
- A. Immobiliser le patient pour éviter les mouvements
- B. Mettre le patient en position latérale de sécurité (PLS) et protéger la tête
- C. Introduire une canule de Guedel entre les dents
- D. Administrer immédiatement du diazépam IV
Explication : Pendant la crise : ne JAMAIS immobiliser de force (risque de fracture), ne JAMAIS introduire un objet dans la bouche (risque de blessure pour le patient et l'IDE). Il faut : protéger la tête, écarter les objets dangereux, mettre en PLS après la crise pour prévenir l'inhalation, chronométrer la crise, appeler à l'aide. Les benzodiazépines (diazépam, clonazépam, midazolam) sont indiquées si la crise dure > 5 minutes (état de mal épileptique).
Question 6
Un patient présente une crise convulsive qui dure depuis 8 minutes. Quelle définition correspond à cet épisode et quelle molécule est indiquée en 1ère intention ?
- A. Crise fébrile prolongée : traitement par paracétamol
- B. État de mal épileptique : benzodiazépines (diazépam, midazolam)
- C. Crise réfractaire : phénobarbital IV
- D. Crise partielle complexe : lamotrigine orale
Explication : L'état de mal épileptique est défini par une crise convulsive durant > 5 minutes ou deux crises sans reprise de conscience. C'est une urgence neurologique. Le traitement de 1ère intention repose sur les benzodiazépines : diazépam IV (10 mg) ou intrarectal, lorazépam IV, ou midazolam IM/buccal. Si inefficace après 10-20 min, on passe au phénytoïne ou valproate IV (2ème ligne). L'état de mal réfractaire nécessite une induction anesthésique.
Question 7
Un patient diabétique de type 1 est retrouvé inconscient. Sa glycémie capillaire est à 0,42 g/L. Quelle est la prise en charge correcte ?
- A. Donner du sucre per os et surveiller
- B. Administrer du glucagon 1 mg IM ou du G30% IV, jamais per os si inconscient
- C. Administrer de l'insuline rapide pour corriger le déséquilibre
- D. Hydrater avec du sérum physiologique IV
Explication : Un patient inconscient ne peut JAMAIS recevoir quoi que ce soit per os (risque de fausse route et d'asphyxie). L'hypoglycémie sévère avec trouble de la conscience se traite par : G30% (sérum glucosé 30%) en IV directe (1 ampoule = 10 mL de 3g de glucose) ou glucagon 1 mg IM/SC si voie IV impossible. Dès le retour de conscience, on donne du sucre per os et un repas glucidique. Contrôle glycémique à 15 minutes. Rechercher la cause du déséquilibre.
Question 8
Dans la gestion du sepsis, quel est le délai recommandé pour l'administration des antibiotiques après identification d'un sepsis sévère ou choc septique ?
- A. Dans les 6 heures
- B. Dans les 3 heures
- C. Dans l'heure (délai 1h)
- D. Dans les 24 heures
Explication : Le "bundle sepsis" de Surviving Sepsis Campaign (SSC) impose l'administration d'antibiotiques dans la première heure suivant la reconnaissance d'un sepsis sévère ou d'un choc septique. Chaque heure de retard augmente la mortalité d'environ 7%. Les hémocultures (2 paires) doivent être prélevées AVANT les antibiotiques mais ne doivent pas retarder leur administration au-delà d'un délai raisonnable (< 15 min). Le bilan initial comprend aussi : lactatémie, NFS, bilan hépatique, rénal, coagulation.
Question 9
Quels sont les critères qSOFA permettant d'identifier rapidement un sepsis en dehors de la réanimation ? (1 point par critère)
- A. Fièvre > 38,5°C, tachycardie > 100/min, hypotension < 90 mmHg
- B. Altération de la conscience (Glasgow ≤ 13), FR ≥ 22/min, PAS ≤ 100 mmHg
- C. Leucocytose > 12 G/L, CRP > 100, PCT > 2 ng/mL
- D. Oligurie < 0,5 mL/kg/h, créatinine > 200 µmol/L, bilirubine > 30 µmol/L
Explication : Le qSOFA (quick Sequential Organ Failure Assessment) comporte 3 critères : altération de l'état mental (Glasgow ≤ 13), fréquence respiratoire ≥ 22/min, pression artérielle systolique ≤ 100 mmHg. Un score ≥ 2/3 est associé à un risque accru de mortalité et doit déclencher une prise en charge urgente. Le qSOFA est utilisé en dehors de la réanimation comme outil de screening rapide. Le SOFA complet (6 critères) est utilisé en réanimation pour le diagnostic formel.
Question 10
Un patient méningite bactérienne est admis en chambre. Quelles mesures d'isolement mettez-vous en place ?
- A. Isolement protecteur (chambre stérile, masque FFP2 pour le patient)
- B. Précautions gouttelettes : masque chirurgical de l'IDE, chambre individuelle
- C. Précautions contact strict : gants, surblouse, chambre individuelle
- D. Aucune précaution particulière, la méningite n'est pas contagieuse
Explication : La méningite bactérienne à méningocoque se transmet par gouttelettes respiratoires (éternuements, toux, salive). Les précautions gouttelettes s'imposent : chambre individuelle, port du masque chirurgical par le soignant à moins d'1 mètre, et masque chirurgical pour le patient lors des transports. Ces précautions sont maintenues pendant 24h après le début de l'antibiothérapie efficace. La chimioprophylaxie des contacts proches (rifampicine) est organisée par le médecin et l'ARS.
Question 11
Un patient hyperglycémique conscient présente une glycémie à 4,8 g/L, une polyurie, une polydipsie et une respiration de Kussmaul. Quel trouble métabolique évoque cette situation ?
- A. Hypoglycémie sévère
- B. Acidocétose diabétique
- C. Syndrome hyperglycémique hyperosmolaire
- D. Acidose lactique
Explication : L'acidocétose diabétique (ACD) se caractérise par : hyperglycémie (souvent > 2,5 g/L), corps cétoniques élevés (acétonurie et acétonémie), acidose métabolique (pH < 7,30, bicarbonates < 15 mmol/L), et respiration de Kussmaul (hyperventilation compensatrice). Elle survient surtout dans le diabète de type 1. Le SHH (syndrome hyperosmolaire) survient dans le type 2, avec hyperglycémie > 6 g/L, déshydratation majeure, mais sans acidose ni corps cétoniques significatifs.
Question 12
Lors d'une ponction lombaire, dans quelle position installez-vous le patient ?
- A. Décubitus dorsal, jambes tendues
- B. Décubitus latéral en chien de fusil (genoux ramenés vers la poitrine, dos arrondi) ou assis penché en avant
- C. Position gynécologique (lithotomie)
- D. Position de Trendelenburg
Explication : La PL nécessite un écartement maximal des espaces intervertébraux lombaires. La position en décubitus latéral "en chien de fusil" (dos arrondi, genoux ramenés vers la poitrine, menton fléchi) ou assise penchée en avant (coudes sur les genoux, dos arrondi) permet d'ouvrir les espaces inter-épineux L3-L4 ou L4-L5. L'IDE maintient le patient immobile pendant le geste, prépare le matériel stérile et étiquette les tubes (1: biochimie, 2: bactériologie, 3: cytologie).
Question 13
Concernant l'AVC hémorragique, quelle est la différence fondamentale avec l'AVC ischémique dans la prise en charge ?
- A. La thrombolyse est indiquée dans les 4h30 dans les deux cas
- B. Les anticoagulants et antiplaquettaires sont contre-indiqués dans l'AVC hémorragique
- C. L'AVC hémorragique est toujours moins grave que l'AVC ischémique
- D. Le scanner est inutile dans l'AVC hémorragique
Explication : L'AVC hémorragique (rupture de vaisseau intracrânien) contre-indique formellement tout traitement anticoagulant ou antiplaquettaire qui aggraverait le saignement. À l'inverse, la thrombolyse (réservée à l'ischémique) est également contre-indiquée. Le scanner cérébral sans injection est l'examen clé : il différencie AVC ischémique (normal dans les premières heures) de l'hémorragique (hyperdensité spontanée). Cette distinction est urgente car les traitements sont opposés.
Question 14
Un patient épileptique connu prend de la phénytoïne. Quelle surveillance biologique est spécifiquement requise pour cette molécule ?
- A. INR et numération plaquettaire
- B. Dosage de la phénytoïnémie, NFS (risque d'agranulocytose), bilan hépatique
- C. Ionogramme et créatininémie seuls
- D. TSH et T4 libre
Explication : La phénytoïne a une fenêtre thérapeutique étroite (10-20 mg/L) et une pharmacocinétique non linéaire. La surveillance comprend : dosage de la phénytoïnémie (taux résiduel), NFS (risque d'agranulocytose, thrombopénie), bilan hépatique (hépatotoxicité), surveillance des signes de toxicité (nystagmus, ataxie, diplopie). C'est un inducteur enzymatique puissant avec de nombreuses interactions médicamenteuses. L'INR doit être surveillé si le patient prend des AVK en parallèle (interaction).
Question 15
Un patient présente une glycémie à 0,60 g/L, est conscient et coopérant. Quelle est la prise en charge adaptée ?
- A. G30% IV direct car glycémie < 1 g/L
- B. Glucagon 1 mg IM
- C. Resucrage per os : 3 morceaux de sucre ou équivalent (15g de glucides) et contrôle à 15 min
- D. Perfusion de G5% IV en urgence
Explication : Devant une hypoglycémie avec patient conscient et capable de déglutir, le resucrage per os est la 1ère intention : 15g de glucides rapides (3 morceaux de sucre, 150 mL jus de fruit, 3 bonbons). La glycémie est recontrôlée à 15 minutes. Si normalisation, on donne un glucide complexe (pain, biscuit) pour éviter la récidive. Le G30% IV et le glucagon IM sont réservés aux hypoglycémies avec trouble de la conscience ou impossibilité de prise per os.